Ouvrir la voix est un film-documentaire où Amandine Gay donne la parole à des afro-descendantes noires habitant en France et en Belgique, et qui sont invitées à parler de leur vécu et du racisme ordinaire. Beaucoup de témoignages recoupent ceux du recueil Noire n’est pas mon métier, qui se concentraient sur le monde du cinéma et des médias. Ici, beaucoup plus de sujets sont abordées: le racisme ordinaire, le rapport à la beauté occidentale (peau claire+cheveux lisses) & l’éclaircissement de la peau et le lissage des cheveux, le fait d’être ramené à l’Afrique même quand on est de nationalité française, les remarques sur l’accent ou le non-accent africain, la sexualité souvent fantasmée des femmes noires (c.f. La pensée féministe noire de Patricia Hill Collins), le rapport à la France malgré le racisme. C’est un film précieux pour les personnes racisées, qui s’y retrouveront et peut-être pour les autres, s’ils veulent prendre conscience du racisme dont ils sont forcément, quelque part, les acteurs. Le site du film
Ce livre est un recueil dirigée par Aïssa Maïga d’actrices et de célébrités des médias noires en France. Au delà des témoignages, parfois très éprouvants (Balance ton Poulpe raconte une agression sexuelles) se dresse le portrait peu flatteur du misogynoir (l’oppression enchevêtrée du sexisme et racisme que subissent les femmes noires) en France dans le monde du cinéma. Que ce soit dans la formation où elles doivent se battre pour aller jusqu’au bout de celles-ci, les rôles limitées au stéréotypes des mamas africaines, les réalisateurs qui demandent des accents qui fassent assez africains ou disent ne pas vouloir plus d’une actrice noire dans leur film, il est impossible de ne pas s’arracher les cheveux en lisant ses précieux témoignages. Si vous êtes encore convaincu(e)s que la non présence des femmes noires dans le cinéma français ou dans les corps de ballet est seulement dû au fait qu’il n’y a pas d’actrices ou de danseuses, ce livre vous fera changer de point de vue. Comme disait Viola Davis à la cérémonie des Emmys (cité à juste titre): “La seule chose qui différencie la femme de couleur de toute autre personne, c’est l’opportunité”. Site de l’éditeur
Le collectif Mwasi,collectif non-mixte afroféministe. Mwasi, qui veut dire “femme” en kongolais, a publié aux éditions Syllepse un petit recueil, combinant des déclarations politiques du collectif et des essais sur divers sujets sur le misogynoir en France. Malgré sa taille, ce livre constitue une très bonne introduction et m’a ouvert les yeux sur certaines facettes du racisme en France que j’ignorais. Voici la liste de ses chapitres : La nécessité d’un afroféminisme au quotidien 1. Nous sommes le rêve le plus féroce de nos ancêtres 2. Négrophobie partout, justice nulle part Lettre au féminisme blanc Déclaration pour la journée international des femmes 2017 3. De la lutte des classe: qui fait le ménage à la fête de l’Huma ? 31 mars 2016: cortège anti-raciste contre la loi travail 4. Qui nous protège de la police ? 5. Queer sans strass ni paillettes 6. S’aimer politique entre femme noires et hommes noirs. 7. Internationalisme: Nous somme africain.es Déclaration des féministes noires au forum internationale des féminismes à Bahia (Brésil) J’ai tellement de choses à dire. Mais les gens ne m’invitent ici que parler que de ça. 8. La flamboyance 1976, l’affirmation d’un féminisme noir en France
Voici un ouvrage BD un peu à part, au sens qu’il ne s’agit pas d’un livre se présentant comme féministe en soi mais qui illustre les déboires d’une trentenaire cherchant à fonder une famille. En filigrane, est dénoncé la charge mentale dans le couple, la sexualité, la responsabilité de la contraception, l’engagement dans un couple hétérosexuel standard. Site éditeur