Comme l’indique le titre, cet essai est un recueil de définitions pédagogique couvrant un vaste nombre de notions nécessaires pour comprendre le féminisme et le sexisme. Agréablement illustré et mise en page, il permet soit de partir avec des bonnes définitions en tête, soit de découvrir des termes plus précisément ou d’en découvrir. De nombreuses notes invitent à découvrir d’autres lectures, et deux index, un alphabétique et un thématique permettent de ‘s’orienter et retrouve facilement des notions recherchées.
Rebecca Solnit est une autrice américaine touche-à-tout, ayant écrit de nombreux ouvrages sur des sujets divers et variés, avec un accent sur la culture et l’art. Elle a publié de nombreux articles sur le féminisme, qui sont compilés dans cet ouvrage. Cet essai est un recueil de 9 textes: Chapitre 1: Ces hommes qui m’expliquent la vie (2008) suivi du post-scriptum L’autrice conte une histoire badine d’une occasion où elle s’est fait mecspliquer son domaine de compétence et le livre qui en traitait dont elle était l’autrice, pointant qu’elle a eu du mal à faire comprendre à l’homme qu’elle avait écrit le livre. Elle va ensuite plus loin, et pointant les nombreuses conséquences de l’incapacité à croire et écouter les femmes, comme sur les demandes d’injonction d’éloignement, où la victime doit prouver de son honnêteté. Elle surligne aussi le fait que les femmes doivent non seulement prouver leurs compétences, mais aussi lutter contre ce phénomène qui les efface. Chapitre 2: La guerre la plus longue (2013) La guerre la plus longue parle des meurtres et des viols, en soulignant que les femmes sont les principales victimes et que les meurtriers et les violeurs sont en majorité des hommes, et qu’on…
Ce livre est un recueil dirigée par Aïssa Maïga d’actrices et de célébrités des médias noires en France. Au delà des témoignages, parfois très éprouvants (Balance ton Poulpe raconte une agression sexuelles) se dresse le portrait peu flatteur du misogynoir (l’oppression enchevêtrée du sexisme et racisme que subissent les femmes noires) en France dans le monde du cinéma. Que ce soit dans la formation où elles doivent se battre pour aller jusqu’au bout de celles-ci, les rôles limitées au stéréotypes des mamas africaines, les réalisateurs qui demandent des accents qui fassent assez africains ou disent ne pas vouloir plus d’une actrice noire dans leur film, il est impossible de ne pas s’arracher les cheveux en lisant ses précieux témoignages. Si vous êtes encore convaincu(e)s que la non présence des femmes noires dans le cinéma français ou dans les corps de ballet est seulement dû au fait qu’il n’y a pas d’actrices ou de danseuses, ce livre vous fera changer de point de vue. Comme disait Viola Davis à la cérémonie des Emmys (cité à juste titre): “La seule chose qui différencie la femme de couleur de toute autre personne, c’est l’opportunité”. Site de l’éditeur
Le collectif Mwasi,collectif non-mixte afroféministe. Mwasi, qui veut dire “femme” en kongolais, a publié aux éditions Syllepse un petit recueil, combinant des déclarations politiques du collectif et des essais sur divers sujets sur le misogynoir en France. Malgré sa taille, ce livre constitue une très bonne introduction et m’a ouvert les yeux sur certaines facettes du racisme en France que j’ignorais. Voici la liste de ses chapitres : La nécessité d’un afroféminisme au quotidien 1. Nous sommes le rêve le plus féroce de nos ancêtres 2. Négrophobie partout, justice nulle part Lettre au féminisme blanc Déclaration pour la journée international des femmes 2017 3. De la lutte des classe: qui fait le ménage à la fête de l’Huma ? 31 mars 2016: cortège anti-raciste contre la loi travail 4. Qui nous protège de la police ? 5. Queer sans strass ni paillettes 6. S’aimer politique entre femme noires et hommes noirs. 7. Internationalisme: Nous somme africain.es Déclaration des féministes noires au forum internationale des féminismes à Bahia (Brésil) J’ai tellement de choses à dire. Mais les gens ne m’invitent ici que parler que de ça. 8. La flamboyance 1976, l’affirmation d’un féminisme noir en France
Ce petit recueil (format A6) est la première traduction française publiée. Il contient 5 textes qui se retrouvent dans le recueil publié par Syllepse (à la traduction près) Le premier texte, “Écrire” est un extrait autour de l’écriture de la “lettre à E.”. C’est un extrait assez lyrique et puissant, qui présente l’avantage d’être moins trigger que le texte complet (qui évoque des violences sexuelles et des tentatives de suicide) Le deuxième texte, “Tuerie à Montréal” est une retranscription de son discours suite au gynocide à l’école polytechnique de Montréal. Le troisième texte, “le pouvoir” est un mini-essai très important où Dworkin analyse le patriarcat sous forme de pouvoir que les hommes ont. Le quatrième texte, “Prostitution et domination masculine”, qui est également un discours, explique en quoi la prostitution est un outil du patriarcat qu’il est urgent d’abolir. Le cinquième texte, “Souvenez-vous, résistez, ne pliez pas”, qui a donné le titre, fait le bilan de l’avancée du féminisme et montre ce qu’il reste à faire, ainsi que l’attitude que les féministes doivent conserver.
Voici un recueil de textes introduisant aux féminismes islamiques. Après une introduction de Mme Ali rappelant (ou nous apprenant ?) que féminismes et islam ne sont pas incompatibles, elle donne la parole à plusieurs féministes musulmanes de différentes nationalités. Chaque texte est introduit par une brève présentation de l’autrice ainsi que du contexte de l’écrit qui suit). N’étant pas musulmane, je ne suis pas à l’aise avec cette religion d’un oint de vue des connaissances. On n’est pas nécessairement perdue dans le livre, mais je pense qu’une musulmane comprendrait mieux le livre que moi. Voilà un résumé des idées qui sont abordées dans l’ouvrage: -Les hommes de religion musulmans ont interprété le Coran de manière à soutenir des idées patriarcales, tout en rejetant le féminisme comme une idée occidentale. Si du coté de l’Occident, on peut avoir une image que Islam et féminisme sont incompatibles, les hommes de religion s’appuient également sur cette idée pour maintenir le patriarcat, que ce soit dans l’islam et dans leur vie privée. -dans tous les pays musulmans, il y a des femmes croyantes, qui militent en s’appuyant sur les textes originaux pour montrer et lutter contre le patriarcat. Le texte d’origine est beaucoup moins…
Cet ouvrage est un recueil de traductions de divers écrits d’Andrea Dworkin. En première partie, on retrouve la lettre autobiographique “Premier amour” (version anglaise ici), lettre écrite à l’attention d’un amour crétois, et ma vie d’écrivaine. Deux morceaux de vie extrêmement durs sur lequel les TW suivants s’appliquent: viol, torture, mort, suicide, violences conjugales. En deuxième partie, on retrouve des analyses autour du féminisme: -l’interview à cran est assez décousu, et s’isncrit dans la continuité de la première partie: un peu autobiographique, avec des prémisses de la mode de pensée dworkinienne. -ensuite, vient un texte présentant Kate Millett, dont le livre Sexual politics (Politique du mâle) est la bible de l’autrice. -Une analyse poussée montrant la dangerosité de l’argument de la supériorité biologique qui a été utilisé par des femmes, que Andrea Dworkin rapproche avec les arguments des nazis sur la supériorité des aryens. -Une analyse sur le pouvoir, et plus précisément, les pouvoir des hommes et ce qui leur permettent de faire. Andrea Dworkin en voit 7! le soi, la force physique, la terreur, le pouvoir de nommer, le pouvoir de propriété, le pouvoir de l’argent, le pouvoir du sexe -Le dernier texte revient dans le côté autobiographique, et…
I’m every woman ( je suis chaque femme) est la troisième bande dessinée à thème féministe de Liv Strömquist traduite par les éditions Rackham. A contrario des Sentiments du Prince Charles et de L’origine du Monde qui se présentait sous la forme d’un essai monobloc découpé en chapitres, il s’agit ici d’un recueil d’histoires et de réflexions indépendantes allant de 1 à une dizaine de pages. La majorité s’intéresse cependant à une ou plusieurs femmes, dont l’histoire n’a retenu fort injustement qu’elles n’étaient que des “femmes de”. Liv Strömquist nous parle ainsi de Ronnie Spector, Britney Spears, Priscilla Presley, Lee Krasner, Nadejda Alllouïeva et Yoko Ono. Les autres chapitres s’intéressent à déconstruire des idées patriarcales, comme la famille nucléaires, la prostituée de Babylone (reliquat des déesses des religions qui ont laissé place aux monothéistes avec un dieu) et de la nature naturelle justifiant tout et n’importe quoi chez les humains. Peut-être moins fondamental que les deux premiers car moins dense, c’est toujours avec plaisir qu’on retrouve Liv Strömquist.
Voici un recueil de textes écrit par Léo Thiers-Vidal, anarchiste proféministe prolifique ayant écrit une thèse sur le sujet éditée aux éditions de l’Harmattan. La première partie, intitulée “rupture anarchiste” est un patchwork de textes expliquant la vision de l’anarchisme de Léo et sa découverte dans ce cadre de l’oppression subie par les femmes. Léo comprend que son anarchisme ne peut être que féministe, comprend aussi à quel point son point de vue sur la question, en tant que dominant, peut être biaisé et découvrira à ses dépens que ce qu’il voit comme du bons sens ou une évidence n’est pas vrai pour les vieux chefs des groupes anarchistes, dont il se fera exclure. La deuxième partie, intitulée “trahison pro-féministe” commence avec des textes pour expliquer de manière abstraite les problèmes des analyses des chercheurs hommes sur le féminisme, et énonce des pré-requis et des pistes afin que ces derniers puissent contribuer sans dénaturer les sujet. Un texte est une critique de l’essai de la domination masculine de Pierre Bourdieu, qui a sciemment ignoré et effacé les féministes et leurs recherches en faisant son essai. Enfin, le dernier texte revient sur le meurtre de Nadine Trintignant par Bertrand Cantat et…
Recueil de 4 textes transverses s’intéressant aux racines des violences faites aux femmes à travers des prismes originaux : Pax neoliberalia dénonce la guerre silencieuse qui se (ré)organise et prolifère contre les femmes derrière la “Paix néolibérale” de façade. Le premier texte se penche sur le Salvador et le Guatemala et rapproche les témoignages de femmes racisées violentées par leurs conjoints avec les méthodes de torture inventée par des français, sous le sigle de l’OAS. La deuxième texte s’intéresse au service militaire en Turquie et montre comment cette initiation réservée aux hommes porteurs de pénis (cisgenre) contribue à créer une classe d’oppresseurs, à légitimer la violence envers les femmes et à excuser celle-ci. Le troisième texte revient sur les féminicides de Ciudad Juaréz, à côté de la frontière mexico-Etatsunienne. De nombreux meurtres de femmes, en majorité racisés, pauvres et travaillant dans des maquiladoras, des entreprises où la main d’œuvre peu chère et docile attire les US companies ont eu lieu sans que les autorités s’en émeuvent. Jules Falquet revient sur la notion et l’origine du mot féminicide, fait une synthèse des rares études qui ont été faites sur les dessous des féminicides et montre comment ceux-ci assoient le pouvoir en…