Laëtitia ou La fin des hommes, Ivan Jablonka
Avant , biographie , Essai / 21 mars 2018

(TW féminicide, violence masculine) Laëtitia, ou la fin des hommes est un livre transverse, à mi-chemin entre l’essai sociologique, la biographie, l’oraison funèbre, le récit d’enquête. Le sujet est Läetitia Perrais, jeune femme de 18 ans, qui a été tué à Pornic en 2011 par Tony Meilhon. Un fait divers qui est devenu une affaire nationale quand la présidence a repris l’affaire pour justifier un durcissement des peines de récidive. Les chapitres, très courts, alternent entre les témoignages des proches qui esquissent le portrait de Laëtitia Perrais, les portraits révélateurs de ses proches, les témoignages des enquêteurices, membres de la justice, journalistes qui ont suivi/traité son dossier, le récit de l’enquête ainsi que ces évènements marquants. Le fil conducteur est de montrer à quel point la vie de Laëtitia Perrais a été fragmenté et malmené par les hommes et par l’Etat français (au sens des institutions et au delà de leurs meilleures intentions et du professionnalisme des membres qui la constituent) : car si Tony Meilhon reste son meurtrier ou son assassin, il n’est pas le seul qui a affecté durement sa courte vie. En suivant le chemin pris par Laëtitia et sa sœur jumelle Jessica, très présente dans le…

Sexisme, le mot pour le dire, Sarah Gurcel Vermande et Pauline Leet Pittenger
Avant , Essai , Livre / 9 janvier 2018

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Quand il n’y a pas de mot, la chose est invisible. La nommer, bien la nommer, la révèle et c’est la première étape pour lutter contre elle. Le mot sexisme (sexism aux Etats-Unis), qui a été calqué sur celui du racisme (racism), n’aura en l’an 2018 que 53 ans. En France, ce néologisme a été évoqué par Emile Servan-Shreiber mais c’est surtout le discours, sur un campus universitaire non mixte aux USA, par une jeune enseignante réputée pour sa grande gueule qui lui a fait son baptême de feu. Pauline Leet s’appuie sur l’analyse du racisme alors plus avancé à l’époque et pointe les faiblesses de la formation que des étudiants hommes, en université non mixte, ne lisant que des hommes et n’ayant des des professeurs hommes ont. Elle explique le sexisme derrière l’idée de parler du point de vue de la femme plutôt que des femmes, qui leur sera toujours inaccessible tant qu’ils n’écouteront, ne liront ni n’interagiront pas avec l’autre sexe tant qu’ils cesseront pas de considérer les femmes comme des objets ou des trophées, poésies à l’appui. Ce petit livre propose une traduction du discours, encadré par…

Ceci est mon sang, Élise Thiébaut
Avant , Essai / 30 août 2017

Titre complet du livre centré sur les menstrues, « Ceci est mon sang, Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font », Elise Thiébaut vous parle des règles en long, en large en travers: tous les contes et les légendes autour d’elles qui ont servi d’outils de discrimination envers les femmes, leurs natures, les maladies liées intimement à elles (notamment l’endométriose du point de vue d’une personne qui en est atteinte), les scandales des protections hygiéniques (et le SCT/ Syndrome du Choc Toxique liées aux protections périodique). Le sujet est d’autant plus vaste que subsistent les tabous à leurs sujets. L’autrice n’hésite pas à saupoudrer son essai-récit de son humour. Autant un livre informatif qu’une thérapie personnelle permettant de (re)prendre en main le sujet. Site de l’éditeur LT lecture

Le problème avec les femmes, Jacky Fleming
Avant , BD / 7 février 2017

Jacky Fleming propose une BD pour nous expliquer le problèmes avec les femmes, s’appuyant sur des citations de génies (qui ne sont pas des femmes) comme Schopenhauer ou Darwin. Ils nous permettent de répondre à nos questions les plus évidentes: l’absence des femmes dans l’histoire (spoiler: elles n’existaient pas voilà) et fait le tour des difficultés que l’on percevait chez elles dans le passé. Plus humouristique qu’informatif, la BD pointe les entraves que les femmes ont eu dans l’histoire et explique leur absence dans l’histoire, au cas où il y en aurait encore des convaincu-e-s que ce n’est qu’un problème biologique.

King Kong Théorie, Virginie Despentes
Essai / 6 février 2017

King Kong Théorie est le deuxième livre que je lis de Virginie Despentes. Je suis incapable de vous dire si j’ai aimé Apocalypse Baby, mais il est sûr que cela m’a marqué : l’autrice a une très bonne plume, je la mets au niveau d’un Camus et d’un Vian (si, si). Je pense qu’on ne le dit pas assez, on préfère dire de Virginie Despentes qu’elle s’est prostituée ou que son style est agressif, et je n’arrive pas à être d’accord sur cette priorité dans les traits qui font d’elle une autrice. Ce point est d’ailleurs abordé dans cet essai. Virginie Despentes a écrit son essai autour de son expérience et de son cheminement intellectuel dans le féminisme. Chaque chapitre est agrémenté de citations d’auteurices (plus d’autrices que d’auteurs d’ailleurs) féministes. On y retrouve notamment son avis argumenté sur l’industrie du porno (elle est contre sa censure) et sur la prostitution (pour la légalisation). Je ne suis pas 100% d’accord avec ses arguments – je trouve qu’elle ne parle pas assez de ses privilèges: est-ce une omission, pense-t-elle que ça ne joue pas ou ne le voit-elle pas ?- mais curieusement, jamais 100% contre ces conclusions. C’est un livre court,…

Un silence de mortes, Patrizia Romito
Avant , Essai , Livre / 7 janvier 2017

Patrizia Romito raconte dans son avant-propos combien il a été difficile à écrire : on se doute qu’un livre de plus de 250 pages sur la violence masculine sous toutes ses formes (de la violence conjugale à l’inceste) ne sera pas de tout repos. J’ai tout de même été prise au dépourvu par la dureté dès l’introduction. On continue tout de même, car on comprend que cette lecture est nécessaire: qu’il faut connaitre et donner la mesure aux chiffres, aux statistiques sidérantes de la violence masculine, ainsi que être sensibilisée les tactiques et les stratégies de son occultation qui permettent particulièrement aujourd’hui de les entretenir. Il y a en sus une véritable analyse de l’oppression, avec des exemples éclairants de la traite des noirs pour les caractériser. Il y a également des sous-chapitres spécifiques traitant de la pédophilie et de l’inceste. Livre fortement Trigger pour la plupart des paragraphes. Je recommande de prévoir de le lire chapitre par chapitre, dans le temps si besoin. Si le style est très limpide, la lecture est très difficile : c’est malheureusement le sujet qu’il l’exige. Site de l’éditeur Pour aller plus loin (entre les lignes entre les mots)