Ce recueil est un manifeste et un récapitulatif des manifestations de la grossophobie, ou l’oppression subie par les personnes grosses. Découpée en 19 pages très concis, on découvre (en particulier si on n’est pas concerné.e) comment se manifeste la grossophobie. Selon la société, être gros implique forcément une mauvaise santé, or, ce n’est pas le cas. Être gros peut être un facteur de comorbidité, mais pas nécessairement un problème en soi. Cependant, le corps médical et l’hôpital maltraite les gros: cela va des médecins qui vont se concentrer sur le poids des malades, venus pour des maux n’ayant rien à voir avec leurs poids, au matériel médical pas adaptés (brassard avec écrit “obèse”, fauteuil roulant trop étroit). Les médecins veulent mettre les gros aux régimes, mais les études et les statistiques montrent que les régimes restrictifs ont peu de chances de faire des personnes grosses des personnes minces à terme, et risquent d’aggraver les TCA, auxquelles les gros.s.es sont fortement sujets. Les chirurgies, au delà de leur caractère définitif, ont un retour d’efficacité bien moindre que celui vanté par les médias. Les gros.ses voulant des enfants devront trouver des médecins non grossophobes pour effectuer leur suivi et auront, paradoxalement, beaucoup…
Les joies d’en bas est un ouvrage qui réunit une grande quantité d’information autour du sexe féminin. Il contribue à dissiper les tabous, lutter contre la désinformation et répondre dans un langage simple et pédagogique à donner des réponses à des questions qu’on oserait pas énoncer à voix haute. La première section zoome sur l’appareil génital qui démonte le.mythe de la virginité et parle des poils et de l’épilation. Il aborde également le sujet de la transidentité en présentant l’eistence de trois sexes: le sexe génétique, anatomique et psychologique. Cependant pour ce dernier, le vocabulaire utilisé est maladroit : le terme de transsexualité est notamment utilisé. La deuxième section aborde le sujet des règles et de toutes les glaires, sécrétions qui existent. La troisième section est sur le sexe, avec un focus particulier sur les pénétrations (oui au pluriel). Le point négatif: le désir est abordé mais le mot asexualité est utilisé deux fois à très mauvais escient: erreur de traduction ou méconnaissance, je ne sais mais cette maladresse est regrettable, surtout que de parler de ce sujet enrichirait le livre. La quatrième section est consacré aux moyens de contraception qui est bien fait et assez complet. Le point noir:…
Muriel Salle, maîtresse de conférences en histoire et Catherine Vidal, neurobiologiste qui a notamment écrit “Hommes, femmes: avons-nous le même cerveau ?” (spoiler: la réponse est oui) font le point sur la manière dont la santé des femmes, qui est impactée aujourd’hui par la manière dont elles sont perçues sous l’angle sexiste et par la société. Le livre évoque des éléments historiques, à la fois pour rappeler l’origine de la nature féminine, où l’humanité a commencé à vouloir, pour les différencier, grossir les traits entre sexe féminin et masculin, avec les conséquences négatives que cela a impliqué notamment sur le sujet traité, insiste sur la notion de genre, à différencier de celle du sexe, et qui est une notion que la santé doit prendre en compte pour mieux soigner (note: la transidentité n’est pas évoquée car ce n’est pas le sujet du livre). Elle fait également un bilan sur ce la santé des femmes, qui même si elles vivent plus longtemps, elles vivent moins longtemps en bonne santé ; leurs risques cardio-vasculaires, première cause de leur mortalité, est fortement sous estimé (alors qu’à l’inverse, l’ostéoporose est sous estimé chez les hommes). La précarité et les violences conjugales, qui impactent également…
Titre complet du livre centré sur les menstrues, “Ceci est mon sang, Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font”, Elise Thiébaut vous parle des règles en long, en large en travers: tous les contes et les légendes autour d’elles qui ont servi d’outils de discrimination envers les femmes, leurs natures, les maladies liées intimement à elles (notamment l’endométriose du point de vue d’une personne qui en est atteinte), les scandales des protections hygiéniques (et le SCT/ Syndrome du Choc Toxique liées aux protections périodique). Le sujet est d’autant plus vaste que subsistent les tabous à leurs sujets. L’autrice n’hésite pas à saupoudrer son essai-récit de son humour. Autant un livre informatif qu’une thérapie personnelle permettant de (re)prendre en main le sujet. Site de l’éditeur LT lecture
C’est le deuxième ouvrage traduit en français par les éditions Rackham de l’autrice. Après avoir exploré l’amour et le mariage dans les sentiments du prince Charles, Liv récidive avec une BD-essai sur le sexe féminin et la sexualité dans tous ses états et maux à travers l’Histoire. Très bien documenté, style percutant, humour souvent noir, une lecture que je conseille. Je préviens que le premier chapitre est particulièrement dur car il évoque des mutilations génitales.
Cet ouvrage traite de l’endémique injonction à la beauté et à la haine du corps que subissent les femmes au sein de la société. Est-ce un sujet superficiel, donc futile ? Au delà des apparences, ses mécanismes détruisent les femmes et contribuent à renforcer la subordination des femmes aux groupes dominants. L’analyse de la vie de Ally McBeal, qui a failli mourir à cause de ces TCA (Troubles du Comportement Alimentaire, anorexie-boulimie en tête) est glaçante à découvrir. L’autrice décortique les phénomènes de la vie de tous les jours contribuant au complexe mode et beauté: il est difficile de ne pas sortir de cette lecture sans en être plus vigilante et plus consciente. Site de l’éditeur Lire le livre en ligne