Il s’agit de l’adaptation BD de Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin écrit par Tania de Montaigne. Si la BD est inspirée (le texte est le même que dans le livre) de l’essai, il se focalise essentiellement sur la vie de Claudette Colvin quand le livre pour digresser sur d’autres points (notamment le racisme d’aujourd’hui), et un lexique apporte un complément sur le contexte. Le style est très sobre et la BD se lit bien. Si cela vous a plus, je vous conseille de lire le roman.
Ce court essai raconte l’histoire méconnue de Claudette Colvin et la raison pour laquelle elle a été effacée de l’histoire au profit de Rosa Parks et de Martin Luther King. A 15 ans, dans l’Alabama ségrégationniste, Claudette Colvin refuse de céder sa place à une personne blanche dans un bus. Claudette Colvin aurait pu être Rosa Parks, mais elle ne sera pas utilisée comme symbole quand elle tombera enceinte, sans être mariée, d’un noir très clair de peau. Elle a pourtant activement participé à la lutte contre la ségrégation, et de ses mésaventures, les activistes s’appuieront et, ce, malgré elles. Le livre retrace au delà de son histoire celle de l’invisibilisation de Claudette Colvin malgré son sacrifice, et aussi celle, dans une moindre mesure, des femmes ayant participé au Boycott et de Rosa Parks qui permettront de par leur courage à Martin Luther King de devenir e père de la lutte pour les droits civiques. Tania de Montaigne souligne dans son livre des exemples de racisme toujours actuel, nous rappelant que la lutte contre cette oppression reste d’actualité. Ce livre m’a fait découvrir (sans doute un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais, sans doute) Jim Crow et souligne…
(TW féminicide, violence masculine) Laëtitia, ou la fin des hommes est un livre transverse, à mi-chemin entre l’essai sociologique, la biographie, l’oraison funèbre, le récit d’enquête. Le sujet est Läetitia Perrais, jeune femme de 18 ans, qui a été tué à Pornic en 2011 par Tony Meilhon. Un fait divers qui est devenu une affaire nationale quand la présidence a repris l’affaire pour justifier un durcissement des peines de récidive. Les chapitres, très courts, alternent entre les témoignages des proches qui esquissent le portrait de Laëtitia Perrais, les portraits révélateurs de ses proches, les témoignages des enquêteurices, membres de la justice, journalistes qui ont suivi/traité son dossier, le récit de l’enquête ainsi que ces évènements marquants. Le fil conducteur est de montrer à quel point la vie de Laëtitia Perrais a été fragmenté et malmené par les hommes et par l’Etat français (au sens des institutions et au delà de leurs meilleures intentions et du professionnalisme des membres qui la constituent) : car si Tony Meilhon reste son meurtrier ou son assassin, il n’est pas le seul qui a affecté durement sa courte vie. En suivant le chemin pris par Laëtitia et sa sœur jumelle Jessica, très présente dans le…
Marie Gouze est une figure féministe importante de la Révolution française qui fut incroyablement en avance sur son temps: veuve jeune, elle a vécu libre et a tout fait pour entendre ses idées, non seulement féministes mais aussi anti-esclavagistes. Ces textes et son style oratoire étaient remarquables: qu’elle fasse l’objet d’une biographie – BD est un hommage plus que légitime. Bocquet au scénario, Catel (qui a fait plusieurs BDs-biographie autour de plusieurs figures) au dessin, laissez-vous porter par les dessins pour découvrir (ou redécouvrir) celle qui se faisait appeler Olympe de Gouges. Site de l’éditeur