Cette BD ne parle pas de féminisme à l’instar de l’introduction de Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu. Pénélope Bagieu a décidé de mettre son talent pour raconter la vie de femmes qui ont marqué l’histoire malgré les difficultés de leur époque pour devenir “quelqu’un”, ou plutôt “quelqu’une”, leur principal difficulté, étant, pour chacune, d’être une femme. Il est souvent dit qu’il n’y avait pas eu de grandes femmes dans l’histoire ; qu’aucun ne l’a marqué ou construite. On oublie souvent que l’Histoire avec un grand H dans la manière est racontée de manière sexiste et que la vision des historiens est biaisée, consciemment ou non. Avec ce bel ouvrage joliment illustrée, c’est un petit pas qui est fait pour donner de la lumière à plusieurs femmes. Certaines histoires sont drôles, d’autres touchantes, certaines très dures à lire. Les Culottées sont en deux ouvrages: le deuxième tome sortira en 2017. Blog où on peut lire les planches Site de l’éditeur
J’ai trouvé ce livre dans la sélection de Thomas Mathieu dans sa BD sur le féminisme. BD monochrome, moins facile d’accès qu’on pourrait le croire, les sentiments du prince Charles parlent du couple hétérosexuel, de son évolution dans l’histoire et des problèmes actuels de son essence comme la propriété des corps, ou les soins (care) dans le couple qui sont toujours assurés par les femmes. Cette BD parle aussi d’amour, pointant les dérives problématiques qui l’ont attaché au mariage et à la sexualité. On y croise plusieurs hommes et femmes célèbres, héros soit révoltants, soit tristes des dérives dénoncées par l’ouvrage. Liv Strömquist n’est pas qu’une dessinatrice ou une scénariste de BD: c’est aussi une féministe qui a utilisé plusieurs ouvrages qu’elle cite et répertorie soigneusement à la fin de son opus: certains sont suédois, d’autres anglais et bénéficiant d’une traduction française. Si on devait le résumer en 3 mots: déroutant, génial et jubilatoire. Charles, sans rancune j’espère 😉 Site de l’éditeur Pour aller plus loin (Litt express) : présentation détaillée quoique je ne sois pas d’accord avec son caricatural.
Essai court du sociologue Pierre Bourdieu autour de la domination masculine, vu à travers la société kabyle. Parlons d’abord de ce qui fâche : les apports notamment de féministes qui ont mis en exergue le phénomène décrit ne sont pas cités et les chercheuses militantes sont donc invisibilisées : Léo Thiers-Vidal a notamment également pointé le maque de rigueur de l’analyse. Ce livre devient ici au moins partiellement un exemple de ce qu’il dénonce (ou devrait dénoncer), dans une forme de réappropriation masculine. C’est dommage: cependant, Pierre Bourdieu n’est malheureusement pas le pire sociologue sur la question. Pierre Bourdieu insiste bien sur le fait que cette domination masculine est pernicieuse, capable de se rendre invisible et d’être soutenu par la population qu’elle opprime et pointe plusieurs domaines dans lequel elle est présente avec justesse. Il me semble important de signaler que l’essai est globalement ardu à lire. A propos des critiques, page Wikipédia Article du monde diplomatique par Pierre Bourdieu Critique de Léo Thiers-Vidal au sujet de la domination masculine sur le site de Chiennes de garde
Le titre est un coup de poing, on s’attend à un essai critique à l’acide, il n’en est rien même si le renoncement à être un homme -ou plus précisément : aux privilèges que les hommes ont dans une société- résonne fermement, sans concession, tout au long de l’ouvrage, essentiellement sur la facette de la sexualité. Le mot “genre” n’est pas utilisé car le livre est trop vieux pour ça, mais l’on gravite fortement autour. John Stoltenberg charge fortement l’industrie pornographique, qu’il voudrait voir disparaitre (ou disparaitre de sa forme actuelle (de 1990)). Il est également abolitionniste. Un avertissement est nécessaire: La préface écrite par Martin Dufresne est transphobe, vous pouvez vous passer de cette lecture. Site de l’éditeur Pour aller plus loin (Crêpe Georgette) Pour aller plus loin (Entre les lignes et entre les mots)
Voici une BD qui est une excellente surprise 2016. Réalisée par le dessinateur du Projet crocodiles et par l’autrice du blog Ca fait genre et, voici une introduction très abordable, dont la concision ne sacrifie pas à la précision des propos. Le livre introduit précisément les notions de genre et d’intersectionnalité, notions qu’il arrive de manquer dans certains ouvrages, souvent car ils ne sont pas assez récents. Comme l’indique le sous-titre, le découpage se fait autour de 7 citations connues qui sont expliquées en détail. C’est un excellent livre d’introduction au féminisme, qui ne coûte que 10€, une somme modique pour un livre avec couverture cartonnée de cette qualité. Les auteurs ont pris également soin de signaler en début de chapitre la présence de contenus sensibles (trigger). Site de l’éditeur Vous pouvez le lire sur le site du monde ici.
Paru aux éditions Syllepse, Un troussage de domestique est un recueil de plusieurs textes publiés par rapport à l’affaire DSK et de ce que le traitement médiatique dit de notre société actuelle. L’affaire DSK est sans doute lointaine : les textes restent cependant vrais et faciles d’accès. Site de l’éditeur Pour aller plus loin (cairn.info)
(pas lu) Version abrégé du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir en 100 pages. Merci à Ronon de m’avoir signalé l’existence de ce livre. Site de l’éditeur
Essai en deux tomes, le texte de Beauvoir n’est pas d’un accès facile. Écrit en 1949, il y a des analyses, notamment celles qui touchent à la psychanalyse me laissent, en totale béotienne du domaine, perplexes, mais aussi méfiante. De Beauvoir a écrit ce livre pour mettre des mots sur ce qu’était devenir une femme à son époque, quand les femmes venaient à peine d’acquérir le droit de vote : certains chapitres sont donc uniquement descriptifs, tentant de brosser un portrait chirurgical des femmes de 1949. L’Histoire racontée par de Beauvoir dans le tome 1 est tout à fait fascinant et indispensable à lire. Il existe une version officielle abrégée de l’ouvrage, la Femme indépendante, que je n’ai pas lu. Cela peut être un bon moyen d’aborder l’ouvrage si l’épaisseur des deux volumes rebute. Volume 1, site éditeur Volume 2, site éditeur Pour aller plus loin (la-philosophie.com)