Cet ouvrage est un recueil de traductions de divers écrits d’Andrea Dworkin.
En première partie, on retrouve la lettre autobiographique “Premier amour” (version anglaise ici), lettre écrite à l’attention d’un amour crétois, et ma vie d’écrivaine. Deux morceaux de vie extrêmement durs sur lequel les TW suivants s’appliquent: viol, torture, mort, suicide, violences conjugales.
En deuxième partie, on retrouve des analyses autour du féminisme:
-l’interview à cran est assez décousu, et s’isncrit dans la continuité de la première partie: un peu autobiographique, avec des prémisses de la mode de pensée dworkinienne.
-ensuite, vient un texte présentant Kate Millett, dont le livre Sexual politics (Politique du mâle) est la bible de l’autrice.
-Une analyse poussée montrant la dangerosité de l’argument de la supériorité biologique qui a été utilisé par des femmes, que Andrea Dworkin rapproche avec les arguments des nazis sur la supériorité des aryens.
-Une analyse sur le pouvoir, et plus précisément, les pouvoir des hommes et ce qui leur permettent de faire. Andrea Dworkin en voit 7! le soi, la force physique, la terreur, le pouvoir de nommer, le pouvoir de propriété, le pouvoir de l’argent, le pouvoir du sexe
-Le dernier texte revient dans le côté autobiographique, et parle de son expérience de femme battue, à une époque où les femmes battues n’existaient pas (comprendre: on ne voyait pas ça comme un crime mais comme une situation normale de couple).Là encore, un récit très violent (TW viol)
La dernière partie est un recueil d’allocutions qu’a données Andrea Dworkin:
-un premier texte court sur la fierté lesbienne
-le deuxième explique l’importance pour les femmes de reprendre la nuit.
-le troisième revient sur la tuerie féminicide des polytechniciennes à Montréal, avec une analyse de la manière dont cela a été traité par les médias.
-adressé à des étudiants de droit, “terreur, torture et résistance” sensibilise à la culture du viol (sans nommer les termes précis) et souligne ainsi les enjeux de la justice en la matière. Il aborde également le sujet des violences sexistes, conjugales et de la pornographie.
-le texte suivant, dont le titre est assez connu, s’intitule, “je veux une trêve de 24 heures [sans viol]. Adressé à un public masculin, Andrea Dworkin exlique qu’il est difficile pour elle de parler à son public car les hommes, en tant que non-concernés, n’ont pas l’expérience des dominées en matière de domination masculine. Elle rappelle que l’égalité réclame action et que l’éventuelle culpabilité ne suffit pas, et qu’il n’y a pas de demi-action ont la domination masculine, en particulier sur la question du viol.
“Si vous avez une conception de la liberté qui inclut l’existence du viol, vous avez tort.”
-Prostitution et domination masculine est un texte revenant sur les dangers de la prostitution et montrant comme il est un outil à part entière de perpétuation du patriarcat. Elle rappelle que la majorité des prostituées ont été victimes d’inceste. Pour Dworkin, elle doit être abolie, même si l’autrice n’est ni anti-sexe, ni anti-travailleuse du sexe.
-le dernier texte qui a donné son nom au livre, datant de 1995, fait le point sur les avancées du féminisme de l’époque et sur les défis qu’il lui reste à combattre.
C’est un recueil assez fourre-tout, avec beaucoup de textes puissants et intéressants.
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