Voilà un essai, ou un contre-essai, visant à donner à trois grandes artistes noires américaines leurs places dans l’histoire: Gertrude “Ma” Rainey et Bessie Smith, reines du blues dans les années 20, et Billie Holiday, chanteuse de blues et de jazz dans les années 40 de Strange Fruit qui fait l’objet des deux derniers chapitres. Les deux premières se sont servies de la musique et de leur voix pour parler de leurs revendications contre le racisme, le patriarcat et leur émancipation. elles sont alors des précurseuses, donnant des outils pour les luttes contre la ségrégation et pour le féminisme à venir. Parce qu’elles étaient des femmes noires, leur contribution que ce soit pour la musique ou pour le militantisme est souvent effacé et déformé. Listes des chapitres et thèmes autour de Gertrude Ma Rainey et Bessie Smith: -Idéologie, sexualité, vie domestique -Rivales, petites amies, coseillères -Thématique du voyage dans le blues des femmes -Bessie Smith, Gertrude “Ma” Rainey et les politiques de la contestation blues -Spiritualité et conscience de soi -Le Blues et l’esthétique noire Billie Holiday, chanteuse des années 40, a été réduite à une chanteuse de chansons d’amour, qui ne comprenait pas le sens et la portée de…
Il s’agit de l’adaptation BD de Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin écrit par Tania de Montaigne. Si la BD est inspirée (le texte est le même que dans le livre) de l’essai, il se focalise essentiellement sur la vie de Claudette Colvin quand le livre pour digresser sur d’autres points (notamment le racisme d’aujourd’hui), et un lexique apporte un complément sur le contexte. Le style est très sobre et la BD se lit bien. Si cela vous a plus, je vous conseille de lire le roman.
Ce court essai raconte l’histoire méconnue de Claudette Colvin et la raison pour laquelle elle a été effacée de l’histoire au profit de Rosa Parks et de Martin Luther King. A 15 ans, dans l’Alabama ségrégationniste, Claudette Colvin refuse de céder sa place à une personne blanche dans un bus. Claudette Colvin aurait pu être Rosa Parks, mais elle ne sera pas utilisée comme symbole quand elle tombera enceinte, sans être mariée, d’un noir très clair de peau. Elle a pourtant activement participé à la lutte contre la ségrégation, et de ses mésaventures, les activistes s’appuieront et, ce, malgré elles. Le livre retrace au delà de son histoire celle de l’invisibilisation de Claudette Colvin malgré son sacrifice, et aussi celle, dans une moindre mesure, des femmes ayant participé au Boycott et de Rosa Parks qui permettront de par leur courage à Martin Luther King de devenir e père de la lutte pour les droits civiques. Tania de Montaigne souligne dans son livre des exemples de racisme toujours actuel, nous rappelant que la lutte contre cette oppression reste d’actualité. Ce livre m’a fait découvrir (sans doute un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais, sans doute) Jim Crow et souligne…
Ouvrir la voix est un film-documentaire où Amandine Gay donne la parole à des afro-descendantes noires habitant en France et en Belgique, et qui sont invitées à parler de leur vécu et du racisme ordinaire. Beaucoup de témoignages recoupent ceux du recueil Noire n’est pas mon métier, qui se concentraient sur le monde du cinéma et des médias. Ici, beaucoup plus de sujets sont abordées: le racisme ordinaire, le rapport à la beauté occidentale (peau claire+cheveux lisses) & l’éclaircissement de la peau et le lissage des cheveux, le fait d’être ramené à l’Afrique même quand on est de nationalité française, les remarques sur l’accent ou le non-accent africain, la sexualité souvent fantasmée des femmes noires (c.f. La pensée féministe noire de Patricia Hill Collins), le rapport à la France malgré le racisme. C’est un film précieux pour les personnes racisées, qui s’y retrouveront et peut-être pour les autres, s’ils veulent prendre conscience du racisme dont ils sont forcément, quelque part, les acteurs. Le site du film
Le collectif Mwasi,collectif non-mixte afroféministe. Mwasi, qui veut dire “femme” en kongolais, a publié aux éditions Syllepse un petit recueil, combinant des déclarations politiques du collectif et des essais sur divers sujets sur le misogynoir en France. Malgré sa taille, ce livre constitue une très bonne introduction et m’a ouvert les yeux sur certaines facettes du racisme en France que j’ignorais. Voici la liste de ses chapitres : La nécessité d’un afroféminisme au quotidien 1. Nous sommes le rêve le plus féroce de nos ancêtres 2. Négrophobie partout, justice nulle part Lettre au féminisme blanc Déclaration pour la journée international des femmes 2017 3. De la lutte des classe: qui fait le ménage à la fête de l’Huma ? 31 mars 2016: cortège anti-raciste contre la loi travail 4. Qui nous protège de la police ? 5. Queer sans strass ni paillettes 6. S’aimer politique entre femme noires et hommes noirs. 7. Internationalisme: Nous somme africain.es Déclaration des féministes noires au forum internationale des féminismes à Bahia (Brésil) J’ai tellement de choses à dire. Mais les gens ne m’invitent ici que parler que de ça. 8. La flamboyance 1976, l’affirmation d’un féminisme noir en France