3 guinées, Virginia Woolf

5 juin 2017

A l’instar d’une pièce à soi, cet essai de l’autrice britannique est mis dans un carcan narratif épistolaire. Celui des 3 guinées (la guinée étant une pièce de monnaie britannique) est une correspondance afin de répondre à la question : « que faire pour prévenir la guerre ? » dans un contexte d’imminence de deuxième guerre mondiale.
En cherchant la réponse, Virginia Woolf analysera les raisons poussant les hommes à faire la guerre – critique de la virilité face aux horreurs qu’elles créent, la société patriarcale qui entravent les femmes à avoir un accès à l’éducation (qui est beaucoup plus économiquement démuni que celles des hommes) et au pouvoir.

La réponse de Woolf est ambigüe et fine: l’autrice veut aider à prévenir la guerre, mais elle ne peut s’allier à des hommes qui la maintiennent prisonnière. Elle est ferme, parfois virulente, tout en restant très pédagogique et respectueuse (?)  afin de ne pas froisser son correspondant. Ainsi, Virginia Woolf ne signera pas le manifeste du correspondant, mais sur les trois guinées qu’elle distribue, il en recevra une: les deux autres iront aux femmes. Une métaphore qui illustre bien la tempérance et la fermeté de l’essai.

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