I am not your negro est un film de réalisateur haïtien Raoul Peck et est basé sur les écrits de James Baldwin, écrivain américain noir. Comme le film l’explique au début, James Baldwin a eu la volonté, à la fin des années 70, d’écrire et de rendre hommage à trois grands figures contemporaines de la lutte contre le ségrégationnisme : Medgar Evers, Malcom X et Martin Luther King Jr. Il n’arrivera qu’à écrire difficilement qu’une trentaine de pages, qu’il intitulera “Remember your house” (Souviens toi de ta maison). Le film commence par un passage à la télévision de James Baldwin au Dick Cavett show, en 1968. Le présentateur blanc commence à dire que pour lui, tout va bien pour les personnes noires aux Etats-Unis, notamment parce qu’ils peuvent maintenant apparaitre dans les publicités : c’est assez indécent car, en juin 1968, Martin Luther King Jr a été victime d’un meurtre raciste et a été enterré il y a à peine 3 mois, rejoignant sous terre Malcom X et Medgar Evers. James Baldwin sourit d’un air désabusé, laissant le présentateur finir avant de répondre à la question : je ne m’inquiète pas pour l’avenir des personnes noires, mais pour l’avenir de…
Ce petit livre, facile d’accès, appartenant à la même collection que Femmes et santé, encore une affaire d’hommes ?, se concentre à démonter les stéréotypes autour des cerveaux des femmes et des hommes ainsi que certaines hormones sur lequel l’essentialisme se repose quand il cherche une base scientifique qui est infondée. La vidé est clairement pédagogique: le style est simple et va droit au but, l’introduction tente de prendre la main n’importe quel(le) lecteurice, et ce quel que soit son niveau de déconstruction par rapport aux idées qu’on va lui présenter. Non, les cerveaux des femmes et des hommes ne sont fondamentalement pas différents, oui, les cerveaux sont façonnées par l’environnement et la société. Non, ni la testostérone ni l’ocytocine ne condamnent les hommes à l’agressivité et les femmes à l’empathie et l’amour inné de leur progéniture. Le seul reproche que je fais à ce livre: qu’il ne nomme pas explicitement les personnes intersexes et les personnes transgenre, alors qu’ils sont respectivement décrits (si j’ai bien compris) et que le sujet de sexe et du genre est abordé. Je pense que c’est lié à un choix de concision mais ça m’a manqué. Site de l’éditeur
Voici une petite sélection de livres complémentaires autour des féminismes: Le féminisme en sept slogans et citations, Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu. Pour moi la meilleure introduction aux féminismes, donnant de bonnes pistes pour approfondir. Contre le masculinisme, guide d’auto-défense intellectuelle, Collectif Stop masculinisme pour comprendre ce qu’est le masculinisme, les problématiques derrières les assos de papas et les gardes alternées. Un silence de mortes, de Patrizia Romito, livre extrêmement dur mais nécessaire sur la violence contre les femmes et les enfants et sur les mécanismes qui la fait perdurer. (le SAP, négation de l’inceste…) Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas, de Andrea Dworkin, féministe radicale. La première partie est très dure et nécessaire. En finir avec la culture du viol, de Noémie Renard, qui traite le sujet de manière efficace et concise.
Voici un recueil de textes introduisant aux féminismes islamiques. Après une introduction de Mme Ali rappelant (ou nous apprenant ?) que féminismes et islam ne sont pas incompatibles, elle donne la parole à plusieurs féministes musulmanes de différentes nationalités. Chaque texte est introduit par une brève présentation de l’autrice ainsi que du contexte de l’écrit qui suit). N’étant pas musulmane, je ne suis pas à l’aise avec cette religion d’un oint de vue des connaissances. On n’est pas nécessairement perdue dans le livre, mais je pense qu’une musulmane comprendrait mieux le livre que moi. Voilà un résumé des idées qui sont abordées dans l’ouvrage: -Les hommes de religion musulmans ont interprété le Coran de manière à soutenir des idées patriarcales, tout en rejetant le féminisme comme une idée occidentale. Si du coté de l’Occident, on peut avoir une image que Islam et féminisme sont incompatibles, les hommes de religion s’appuient également sur cette idée pour maintenir le patriarcat, que ce soit dans l’islam et dans leur vie privée. -dans tous les pays musulmans, il y a des femmes croyantes, qui militent en s’appuyant sur les textes originaux pour montrer et lutter contre le patriarcat. Le texte d’origine est beaucoup moins…
Cet ouvrage est un recueil de traductions de divers écrits d’Andrea Dworkin. En première partie, on retrouve la lettre autobiographique “Premier amour” (version anglaise ici), lettre écrite à l’attention d’un amour crétois, et ma vie d’écrivaine. Deux morceaux de vie extrêmement durs sur lequel les TW suivants s’appliquent: viol, torture, mort, suicide, violences conjugales. En deuxième partie, on retrouve des analyses autour du féminisme: -l’interview à cran est assez décousu, et s’isncrit dans la continuité de la première partie: un peu autobiographique, avec des prémisses de la mode de pensée dworkinienne. -ensuite, vient un texte présentant Kate Millett, dont le livre Sexual politics (Politique du mâle) est la bible de l’autrice. -Une analyse poussée montrant la dangerosité de l’argument de la supériorité biologique qui a été utilisé par des femmes, que Andrea Dworkin rapproche avec les arguments des nazis sur la supériorité des aryens. -Une analyse sur le pouvoir, et plus précisément, les pouvoir des hommes et ce qui leur permettent de faire. Andrea Dworkin en voit 7! le soi, la force physique, la terreur, le pouvoir de nommer, le pouvoir de propriété, le pouvoir de l’argent, le pouvoir du sexe -Le dernier texte revient dans le côté autobiographique, et…
Les joies d’en bas est un ouvrage qui réunit une grande quantité d’information autour du sexe féminin. Il contribue à dissiper les tabous, lutter contre la désinformation et répondre dans un langage simple et pédagogique à donner des réponses à des questions qu’on oserait pas énoncer à voix haute. La première section zoome sur l’appareil génital qui démonte le.mythe de la virginité et parle des poils et de l’épilation. Il aborde également le sujet de la transidentité en présentant l’eistence de trois sexes: le sexe génétique, anatomique et psychologique. Cependant pour ce dernier, le vocabulaire utilisé est maladroit : le terme de transsexualité est notamment utilisé. La deuxième section aborde le sujet des règles et de toutes les glaires, sécrétions qui existent. La troisième section est sur le sexe, avec un focus particulier sur les pénétrations (oui au pluriel). Le point négatif: le désir est abordé mais le mot asexualité est utilisé deux fois à très mauvais escient: erreur de traduction ou méconnaissance, je ne sais mais cette maladresse est regrettable, surtout que de parler de ce sujet enrichirait le livre. La quatrième section est consacré aux moyens de contraception qui est bien fait et assez complet. Le point noir:…
Voici un recueil de textes écrit par Léo Thiers-Vidal, anarchiste proféministe prolifique ayant écrit une thèse sur le sujet éditée aux éditions de l’Harmattan. La première partie, intitulée “rupture anarchiste” est un patchwork de textes expliquant la vision de l’anarchisme de Léo et sa découverte dans ce cadre de l’oppression subie par les femmes. Léo comprend que son anarchisme ne peut être que féministe, comprend aussi à quel point son point de vue sur la question, en tant que dominant, peut être biaisé et découvrira à ses dépens que ce qu’il voit comme du bons sens ou une évidence n’est pas vrai pour les vieux chefs des groupes anarchistes, dont il se fera exclure. La deuxième partie, intitulée “trahison pro-féministe” commence avec des textes pour expliquer de manière abstraite les problèmes des analyses des chercheurs hommes sur le féminisme, et énonce des pré-requis et des pistes afin que ces derniers puissent contribuer sans dénaturer les sujet. Un texte est une critique de l’essai de la domination masculine de Pierre Bourdieu, qui a sciemment ignoré et effacé les féministes et leurs recherches en faisant son essai. Enfin, le dernier texte revient sur le meurtre de Nadine Trintignant par Bertrand Cantat et…
Recueil de 4 textes transverses s’intéressant aux racines des violences faites aux femmes à travers des prismes originaux : Pax neoliberalia dénonce la guerre silencieuse qui se (ré)organise et prolifère contre les femmes derrière la “Paix néolibérale” de façade. Le premier texte se penche sur le Salvador et le Guatemala et rapproche les témoignages de femmes racisées violentées par leurs conjoints avec les méthodes de torture inventée par des français, sous le sigle de l’OAS. La deuxième texte s’intéresse au service militaire en Turquie et montre comment cette initiation réservée aux hommes porteurs de pénis (cisgenre) contribue à créer une classe d’oppresseurs, à légitimer la violence envers les femmes et à excuser celle-ci. Le troisième texte revient sur les féminicides de Ciudad Juaréz, à côté de la frontière mexico-Etatsunienne. De nombreux meurtres de femmes, en majorité racisés, pauvres et travaillant dans des maquiladoras, des entreprises où la main d’œuvre peu chère et docile attire les US companies ont eu lieu sans que les autorités s’en émeuvent. Jules Falquet revient sur la notion et l’origine du mot féminicide, fait une synthèse des rares études qui ont été faites sur les dessous des féminicides et montre comment ceux-ci assoient le pouvoir en…
Noémie Renard est l’autrice du site d’information Anti-sexisme.net, et une source de référence sur les féminismes en général, en particulier sa série d’articles sur la culture du viol. C’est donc très confiante que j’ai commencé son livre, qui est un tour d’horizon sur la culture du viol en France. C’est un excellent ouvrage sur le sujet, concis et écrit dans un style clair, documenté avec de nombreuses références (il y en a 193 pour un livre de 180 pages, pour vous donner une idée). Les deux premières parties sont un tour d’horizon: étendue des violences sexuelles en Franc, leurs conséquences, les mécanismes qui font que les agresseurs sont protégés et les victimes négligées. Les deux parties suivantes expliquent ce qu’est et le pourquoi du viol à travers le prisme de la domination masculine. Enfin, la dernière partie vient conclure sur le sujet en rappelant une dernière fois que la culture du viol n’est pas innée et quels seraient les pistes d’améliorer pour en finir avec elle, faisant le point jusqu’en 2017 de celles qui ont été mises en place et celles dont la mise en place a échoué. Naturellement, en 180 pages, on ne peut pas tout aborder, mais tout…
Jacky Fleming propose une BD pour nous expliquer le problèmes avec les femmes, s’appuyant sur des citations de génies (qui ne sont pas des femmes) comme Schopenhauer ou Darwin. Ils nous permettent de répondre à nos questions les plus évidentes: l’absence des femmes dans l’histoire (spoiler: elles n’existaient pas voilà) et fait le tour des difficultés que l’on percevait chez elles dans le passé. Plus humouristique qu’informatif, la BD pointe les entraves que les femmes ont eu dans l’histoire et explique leur absence dans l’histoire, au cas où il y en aurait encore des convaincu-e-s que ce n’est qu’un problème biologique.