Rebecca Solnit est une autrice américaine touche-à-tout, ayant écrit de nombreux ouvrages sur des sujets divers et variés, avec un accent sur la culture et l’art. Elle a publié de nombreux articles sur le féminisme, qui sont compilés dans cet ouvrage. Cet essai est un recueil de 9 textes: Chapitre 1: Ces hommes qui m’expliquent la vie (2008) suivi du post-scriptum L’autrice conte une histoire badine d’une occasion où elle s’est fait mecspliquer son domaine de compétence et le livre qui en traitait dont elle était l’autrice, pointant qu’elle a eu du mal à faire comprendre à l’homme qu’elle avait écrit le livre. Elle va ensuite plus loin, et pointant les nombreuses conséquences de l’incapacité à croire et écouter les femmes, comme sur les demandes d’injonction d’éloignement, où la victime doit prouver de son honnêteté. Elle surligne aussi le fait que les femmes doivent non seulement prouver leurs compétences, mais aussi lutter contre ce phénomène qui les efface. Chapitre 2: La guerre la plus longue (2013) La guerre la plus longue parle des meurtres et des viols, en soulignant que les femmes sont les principales victimes et que les meurtriers et les violeurs sont en majorité des hommes, et qu’on…
Ce petit livre, facile d’accès, appartenant à la même collection que Femmes et santé, encore une affaire d’hommes ?, se concentre à démonter les stéréotypes autour des cerveaux des femmes et des hommes ainsi que certaines hormones sur lequel l’essentialisme se repose quand il cherche une base scientifique qui est infondée. La vidé est clairement pédagogique: le style est simple et va droit au but, l’introduction tente de prendre la main n’importe quel(le) lecteurice, et ce quel que soit son niveau de déconstruction par rapport aux idées qu’on va lui présenter. Non, les cerveaux des femmes et des hommes ne sont fondamentalement pas différents, oui, les cerveaux sont façonnées par l’environnement et la société. Non, ni la testostérone ni l’ocytocine ne condamnent les hommes à l’agressivité et les femmes à l’empathie et l’amour inné de leur progéniture. Le seul reproche que je fais à ce livre: qu’il ne nomme pas explicitement les personnes intersexes et les personnes transgenre, alors qu’ils sont respectivement décrits (si j’ai bien compris) et que le sujet de sexe et du genre est abordé. Je pense que c’est lié à un choix de concision mais ça m’a manqué. Site de l’éditeur
Cet ouvrage est un recueil de traductions de divers écrits d’Andrea Dworkin. En première partie, on retrouve la lettre autobiographique “Premier amour” (version anglaise ici), lettre écrite à l’attention d’un amour crétois, et ma vie d’écrivaine. Deux morceaux de vie extrêmement durs sur lequel les TW suivants s’appliquent: viol, torture, mort, suicide, violences conjugales. En deuxième partie, on retrouve des analyses autour du féminisme: -l’interview à cran est assez décousu, et s’isncrit dans la continuité de la première partie: un peu autobiographique, avec des prémisses de la mode de pensée dworkinienne. -ensuite, vient un texte présentant Kate Millett, dont le livre Sexual politics (Politique du mâle) est la bible de l’autrice. -Une analyse poussée montrant la dangerosité de l’argument de la supériorité biologique qui a été utilisé par des femmes, que Andrea Dworkin rapproche avec les arguments des nazis sur la supériorité des aryens. -Une analyse sur le pouvoir, et plus précisément, les pouvoir des hommes et ce qui leur permettent de faire. Andrea Dworkin en voit 7! le soi, la force physique, la terreur, le pouvoir de nommer, le pouvoir de propriété, le pouvoir de l’argent, le pouvoir du sexe -Le dernier texte revient dans le côté autobiographique, et…
Les joies d’en bas est un ouvrage qui réunit une grande quantité d’information autour du sexe féminin. Il contribue à dissiper les tabous, lutter contre la désinformation et répondre dans un langage simple et pédagogique à donner des réponses à des questions qu’on oserait pas énoncer à voix haute. La première section zoome sur l’appareil génital qui démonte le.mythe de la virginité et parle des poils et de l’épilation. Il aborde également le sujet de la transidentité en présentant l’eistence de trois sexes: le sexe génétique, anatomique et psychologique. Cependant pour ce dernier, le vocabulaire utilisé est maladroit : le terme de transsexualité est notamment utilisé. La deuxième section aborde le sujet des règles et de toutes les glaires, sécrétions qui existent. La troisième section est sur le sexe, avec un focus particulier sur les pénétrations (oui au pluriel). Le point négatif: le désir est abordé mais le mot asexualité est utilisé deux fois à très mauvais escient: erreur de traduction ou méconnaissance, je ne sais mais cette maladresse est regrettable, surtout que de parler de ce sujet enrichirait le livre. La quatrième section est consacré aux moyens de contraception qui est bien fait et assez complet. Le point noir:…
Voici un recueil de textes écrit par Léo Thiers-Vidal, anarchiste proféministe prolifique ayant écrit une thèse sur le sujet éditée aux éditions de l’Harmattan. La première partie, intitulée “rupture anarchiste” est un patchwork de textes expliquant la vision de l’anarchisme de Léo et sa découverte dans ce cadre de l’oppression subie par les femmes. Léo comprend que son anarchisme ne peut être que féministe, comprend aussi à quel point son point de vue sur la question, en tant que dominant, peut être biaisé et découvrira à ses dépens que ce qu’il voit comme du bons sens ou une évidence n’est pas vrai pour les vieux chefs des groupes anarchistes, dont il se fera exclure. La deuxième partie, intitulée “trahison pro-féministe” commence avec des textes pour expliquer de manière abstraite les problèmes des analyses des chercheurs hommes sur le féminisme, et énonce des pré-requis et des pistes afin que ces derniers puissent contribuer sans dénaturer les sujet. Un texte est une critique de l’essai de la domination masculine de Pierre Bourdieu, qui a sciemment ignoré et effacé les féministes et leurs recherches en faisant son essai. Enfin, le dernier texte revient sur le meurtre de Nadine Trintignant par Bertrand Cantat et…
Recueil de 4 textes transverses s’intéressant aux racines des violences faites aux femmes à travers des prismes originaux : Pax neoliberalia dénonce la guerre silencieuse qui se (ré)organise et prolifère contre les femmes derrière la “Paix néolibérale” de façade. Le premier texte se penche sur le Salvador et le Guatemala et rapproche les témoignages de femmes racisées violentées par leurs conjoints avec les méthodes de torture inventée par des français, sous le sigle de l’OAS. La deuxième texte s’intéresse au service militaire en Turquie et montre comment cette initiation réservée aux hommes porteurs de pénis (cisgenre) contribue à créer une classe d’oppresseurs, à légitimer la violence envers les femmes et à excuser celle-ci. Le troisième texte revient sur les féminicides de Ciudad Juaréz, à côté de la frontière mexico-Etatsunienne. De nombreux meurtres de femmes, en majorité racisés, pauvres et travaillant dans des maquiladoras, des entreprises où la main d’œuvre peu chère et docile attire les US companies ont eu lieu sans que les autorités s’en émeuvent. Jules Falquet revient sur la notion et l’origine du mot féminicide, fait une synthèse des rares études qui ont été faites sur les dessous des féminicides et montre comment ceux-ci assoient le pouvoir en…
Noémie Renard est l’autrice du site d’information Anti-sexisme.net, et une source de référence sur les féminismes en général, en particulier sa série d’articles sur la culture du viol. C’est donc très confiante que j’ai commencé son livre, qui est un tour d’horizon sur la culture du viol en France. C’est un excellent ouvrage sur le sujet, concis et écrit dans un style clair, documenté avec de nombreuses références (il y en a 193 pour un livre de 180 pages, pour vous donner une idée). Les deux premières parties sont un tour d’horizon: étendue des violences sexuelles en Franc, leurs conséquences, les mécanismes qui font que les agresseurs sont protégés et les victimes négligées. Les deux parties suivantes expliquent ce qu’est et le pourquoi du viol à travers le prisme de la domination masculine. Enfin, la dernière partie vient conclure sur le sujet en rappelant une dernière fois que la culture du viol n’est pas innée et quels seraient les pistes d’améliorer pour en finir avec elle, faisant le point jusqu’en 2017 de celles qui ont été mises en place et celles dont la mise en place a échoué. Naturellement, en 180 pages, on ne peut pas tout aborder, mais tout…
Muriel Salle, maîtresse de conférences en histoire et Catherine Vidal, neurobiologiste qui a notamment écrit “Hommes, femmes: avons-nous le même cerveau ?” (spoiler: la réponse est oui) font le point sur la manière dont la santé des femmes, qui est impactée aujourd’hui par la manière dont elles sont perçues sous l’angle sexiste et par la société. Le livre évoque des éléments historiques, à la fois pour rappeler l’origine de la nature féminine, où l’humanité a commencé à vouloir, pour les différencier, grossir les traits entre sexe féminin et masculin, avec les conséquences négatives que cela a impliqué notamment sur le sujet traité, insiste sur la notion de genre, à différencier de celle du sexe, et qui est une notion que la santé doit prendre en compte pour mieux soigner (note: la transidentité n’est pas évoquée car ce n’est pas le sujet du livre). Elle fait également un bilan sur ce la santé des femmes, qui même si elles vivent plus longtemps, elles vivent moins longtemps en bonne santé ; leurs risques cardio-vasculaires, première cause de leur mortalité, est fortement sous estimé (alors qu’à l’inverse, l’ostéoporose est sous estimé chez les hommes). La précarité et les violences conjugales, qui impactent également…
“Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde”. Quand il n’y a pas de mot, la chose est invisible. La nommer, bien la nommer, la révèle et c’est la première étape pour lutter contre elle. Le mot sexisme (sexism aux Etats-Unis), qui a été calqué sur celui du racisme (racism), n’aura en l’an 2018 que 53 ans. En France, ce néologisme a été évoqué par Emile Servan-Shreiber mais c’est surtout le discours, sur un campus universitaire non mixte aux USA, par une jeune enseignante réputée pour sa grande gueule qui lui a fait son baptême de feu. Pauline Leet s’appuie sur l’analyse du racisme alors plus avancé à l’époque et pointe les faiblesses de la formation que des étudiants hommes, en université non mixte, ne lisant que des hommes et n’ayant des des professeurs hommes ont. Elle explique le sexisme derrière l’idée de parler du point de vue de la femme plutôt que des femmes, qui leur sera toujours inaccessible tant qu’ils n’écouteront, ne liront ni n’interagiront pas avec l’autre sexe tant qu’ils cesseront pas de considérer les femmes comme des objets ou des trophées, poésies à l’appui. Ce petit livre propose une traduction du discours, encadré par…
L’afroféministe bell hooks signe ici le premier volument d’une trilogie dont le sujet principal est l’amour. Qu’est-ce que l’amour ? Pourquoi n’osons-nous pas en parler librement ? Pourquoi la questions est dénigré par la société ? A quel point la définition faussée que nous avons de l’amour dans la société peut nous condamner à ne jamais aimer ? Même si j’ai moins adhéré aux chapitres où bell hooks évoque la religion (sans être prosélyte, mais le livre est un peu son expérience personnelle et elle est une croyante éclairée), il est difficile de sortir de cette lecture sans Le livre fait du bien, comme, à l’instar des autres livres féministes, il contribue à nous libérer, nous laver des idées pré-conçues de l’amour qui nous font du mal et qui sont véhiculés par la société et les médias. LT de lecture